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Bénin : l'État lance une offensive générale contre la mendicité des enfants
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Bénin : l'État lance une offensive générale contre la mendicité des enfants

Par Patrick Hervé YOBODE • 16/10/2026

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Face à la vulnérabilité grandissante des enfants livrés à eux-mêmes dans le septentrion béninois, le gouvernement infléchit sa stratégie. Réunies à Parakou le 13 octobre 2026, les plus hautes autorités du pays ont sonné la fin de la tolérance passive pour faire place à une fermeté pénale intransigeante, adossée à une alliance sacrée entre décideurs publics et guides spirituels.

L’heure n’est plus aux simples exhortations moralisatrices, mais à une riposte judiciaire et sociale d’envergure. Confronté à un bilan alarmant de 4 453 enfants arrachés à leurs foyers ou contraints à la mendicité entre janvier 2019 et juin 2026 dans les départements du Borgou, de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga, le gouvernement béninois opère un virage doctrinal majeur. L'épicentre du phénomène identifié principalement dans les localités de Kandi, Malanville et N’Dali exige une rupture stratégique.

​Tolérance zéro et sanction pénale : l'ère de la fermeté

​Présent lors des assises de Parakou, le préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Assouma Naro, a tenu un discours empreint d'une fermeté sans équivoque : la mendicité forcée des enfants ne relève pas de la précarité ordinaire, mais bien de la traite d’êtres humains. Enjoignant la population à briser le mur du silence et à dénoncer activement les exécutants et commanditaires, l'autorité préfectorale entend éradiquer toute forme de complicité passive au sein du corps social.

​Même son de cloche du côté du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Par la voix de Djibril Mama Cissé, l’exécutif a affirmé que l'étape éducative avait atteint ses limites. Qualifiant chaque enfant abandonné aux affres de la rue d’«échec collectif», le ministre a annoncé un déploiement répressif ciblé, destiné à appliquer dans toute sa rigueur l'arsenal législatif protégeant les mineurs contre l'exploitation.

Véronique Tognifodé

​Convergence spirituelle et responsabilité territoriale

​Pour soutenir cette offensive institutionnelle, la ministre de la Famille et de l’Action Sociale, Véronique Tognifodé, ainsi que la directrice générale des Affaires sociales, Nadège Ahoga, ont plaidé pour un front commun fédérant familles, dignitaires traditionnels, chefs religieux et collectivité locale.

​Une sollicitation accueillie favorablement par les autorités religieuses présentes, qui ont rejeté sans détour ces dérives. Condamnant fermement le détournement de la mission éducative par certains maîtres coraniques, les dignitaires ont rappelé avec insistance que la foi islamique proscrit catégoriquement l'avilissement des enfants par la mendicité. Pour appuyer cette prise de conscience, le Parquet près le tribunal de Parakou a clarifié le cadre juridique répressif tout en invitant les guides spirituels à intensifier leur magistère moral.

​Sur le plan institutionnel, le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou, a placé les municipalités au cœur du dispositif, rappelant que la légitimité de la décentralisation réside dans sa capacité à protéger les plus vulnérables. Un audit d'étape a été formellement arrêté à l'échéance de six mois afin d'évaluer concrètement l'impact des mesures engagées par chaque commune.

​Le «Pacte de Parakou» : u e alliance stratégique pour l'avenir

​Afin de pérenniser cet engagement et de dépasser le seul prisme répressif, l'exécutif a jeté les bases du «Pacte de Parakou». Conçu comme une coalition d'action inédite, ce pacte rassemble imams, chefs coutumiers, acteurs de la protection de l'enfance et pouvoirs publics au sein d'une charte de responsabilité partagée.

​En scellant cette union sacrée, le Bénin entend réaffirmer la primauté du droit à la dignité et à l'éducation pour chaque enfant, scellant ainsi une alliance durable contre l'érosion des valeurs protectrices de la jeunesse.