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FIFA : Gianni Infantino candidat malgré la tempête
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FIFA : Gianni Infantino candidat malgré la tempête

Par Patrick Hervé YOBODE • 09/09/2026

Malgré une tempête de contestations et le désaveu cinglant de plusieurs grandes nations européennes, l’actuel patron de la Fédération internationale de football association (FIFA) s'apprête à briguer un nouveau mandat en mars 2027 à Rabat. Une fuite en avant qui cristallise toutes les tensions sur la gouvernance d’un sport roi plus fracturé que jamais.

Rien ne semble pouvoir ébranler sa tour d'ivoire zurichoise. Ni les frondes diplomatiques, ni les accusations d'opacité, encore moins les spectaculaires retours en arrière stratégiques. À l'aube du congrès électif de 2027, Gianni Infantino confirme sa volonté de rempiler à la tête de la FIFA. Pour ses partisans, c'est le choix de la stabilité économique ; pour ses détracteurs, c'est l'obstination de trop d'un dirigeant sourd aux principes éthiques élémentaires. La tentation de la privatisation : la goutte d'eau Le ressentiment actuel puise sa source dans le séisme diplomatique provoqué par le projet FIFA Forward Enterprise. En coulisses, Gianni Infantino a tenté l’impensable : ouvrir le capital et les bénéfices de la prestigieuse Coupe du monde à des investisseurs privés. Une velléité de marchandisation absolue qui a immédiatement provoqué la fureur des instances continentales, forçant le président à rétropédaler en urgence. Si le projet est aujourd'hui enterré, le soupçon d'une gestion purement mercantile et déconnectée des valeurs sportives, lui, est resté indélébile. Le schisme européen C'est sur le Vieux Continent que la rupture est la plus consommée. Fatiguées par un manque chronique de transparence et des méthodes de gouvernance jugées autocratiques, plusieurs fédérations de premier plan à l'instar de la Belgique, de l'Italie, de la Suède et de l'Écosse ont officiellement retiré leur soutien à l'italo-suisse. Ce front du refus dénonce une centralisation excessive des pouvoirs et une dérive commerciale qui menace l'équilibre des calendriers nationaux et la santé des acteurs du jeu. Le paradoxe démocratique : contesté mais intouchable Comment, alors, Gianni Infantino peut-il aborder cette échéance avec une confiance presque insolente ? La réponse réside dans la géopolitique interne de la FIFA. Si l'Europe gronde, le président sortant a méthodiquement verrouillé ses bases arrières. Grâce à une politique de redistribution financière agressive et des promesses de développement ciblées, il s'est assuré l'alignement indéfectible de la Confédération Africaine de Football (CAF) et d'une immense majorité des petites nations votantes. À la FIFA, chaque pays dispose d’une voix, que l'on s'appelle l'Allemagne ou Montserrat. En jouant habilement de cette arithmétique démocratique, Gianni Infantino aborde le scrutin de Rabat dans la peau de l'immense favori, faisant fi des critiques systémiques qui pèsent sur son leadership. Reste à savoir si cette légitimité des urnes suffira à masquer durablement la crise de confiance profonde qui érode les fondations du football mondial.