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Haïti en enfer : le chapelet d'horreurs de Viv Ansanm s'agrandit à Kenscoff
Par La rédaction • 29/08/2026
Dans la nuit des hauteurs de Port-au-Prince, la misère cherchait un sanctuaire ; elle y a trouvé un charnier. À Kenscoff, paisible commune nichée à 1500 m d’altitude sur les reliefs surplombant la capitale haïtienne, le sacré a succombé sous le feu des fusils d’assaut. Un camp de fortune, aménagé au sein d’une église locale pour abriter des familles arrachées à leurs foyers par la terreur, est devenu le théâtre d’une tuerie préméditée dans la nuit du 10 au 11 août 2025.
Le bilan provisoire dressé par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti, BINUH, glace le sang : au moins 47 morts et 22 blessés. Un décompte que les secours, fouillant les décombres encore fumants, craignent de voir s’alourdir de minute en minute alors que de nombreux disparus manquent toujours à l’appel. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a qualifié l’attaque de «massacre».
L’église transformée en piège ardent
Le mode opératoire témoigne d’une cruauté systématique. Selon les témoignages recueillis sur place, les assaillants ont d’abord incendié les habitations adjacentes pour rabattre les habitants pris de panique, puis encerclé le dernier bastion de foi et d’espoir. Piégées entre les flammes et les rafales de projectiles de gros calibre, des dizaines de victimes innocentes ont été fauchées sans distinction. «Certains ont essayé de fuir, mais ils étaient cernés. On entendait les enfants crier», souffle un résidant hanté par l’écho des explosions et des supplications.
L’assaut porte la signature tristement célèbre de Viv Ansanm, cette coalition criminelle tentaculaire fédérée par l’ancien policier Jimmy Chérizier, alias «Barbecue». Déjà sous le coup de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, ce regroupement mafieux orchestre méthodiquement l’effondrement des structures républicaines et l’asservissement des populations civiles. Pour Viv Ansanm, Kenscoff représentait une zone stratégique pour étendre son emprise sur la route menant vers le sud du pays.
Un État au bord de l’amputation définitive
Ce nouveau massacre franchit un seuil critique. En investissant Kenscoff, jusqu’alors relativement préservée et refuge pour de nombreux déplacés fuyant les quartiers de la capitale, les bandes armées démontrent leur capacité d’extension territoriale incontrôlée. Elles verrouillent un peu plus le blocus virtuel de Port-au-Prince et coupent des axes vitaux d’approvisionnement.
Face à la furie des gangs, le sentiment d’abandon de la population haïtienne atteint un point de rupture. Alors que la Police Nationale d’Haïti et la Mission multinationale de soutien à la sécurité, MMSS, sous-équipées et dépassées, peinent à contenir la déferlante chaotique, Haïti contemple une fois encore l’abîme. La communauté internationale, elle, est sommée de sortir du silence face à une tragédie humaine qui s’installe dans la durée.




